Ce matin 4 février 2009, l’affaire Kouchner est à la une de l’information. J’entend son avocat qui dit en substance « circulez y’a rien à voir », je suis choqué, comme si celui qui prone le devoir d’ingérence chez les autres, refuserait qu’on « s’ingère dans ses affaires » ?
J’ai croisé un jour, Bernard Kouchner, c’était en Septembre 1994 rue de la Glacière à Paris au siège de l’association »fondation pour l’action Humanitaire ». Quand il m’a vu, il m’a demandé : « alors c’est toi le logisticien ? »
Le récit de ma petite expérience humanitaire est sur mon site revafrique.com
En fait je ne savais même pas ce que ça signifait ce mot « logisticien ». J’avais voulu savoir ce qui se passait au Rwanda, et avoir une expérience humanitaire. J’avais contacté un ami qui m’avait téléphoné le mercredi soir pour me proposer une petite mission à Kigali, et le surlendemain j’étais rue de la Glacière à Paris, ne sachant ni qui j’allais rencontrer ni ce que j’allais faire.
C’est donc Bernard Kouchner qui m’a appris que la logistique serait ma mission. En même temps j’ai appris qu’il avait fondé en 93 cette fondation pour l’action humanitaire qui était à l’origine de cette mission : s’occuper d’orphelins au Rwanda.
C’est la première fois que je voyais Kouchner en chair et en os. La réflexion que je me suis faite était qu’il était petit. Il avait également, réflexion que je me suis faite, une énorme envie de séduire. Il avait la poignée de main franche, et le regard direct et clair. Bref j’étais tombé sous le charme.
Il est venu en personne nous saluer Sophie et moi, dans le taxi qui partait pour l’aéroport, et comme nous montions dans le taxi, il a eu cette réflexion curieuse : « noubliez pas que les autres ONG sont vos ennemis » ; ça m’avais surpris et choqué à l’époque. En fait il ya avait une certaine concurrence entre les ONG sur le terrain, mais la forme de son propos m’a paru exagéré.
Sur place il faut bien dire que se présenter sous sa référence ouvrait les portes et il recueillait le respect de tous : André Sibomana, l’administrateur du diocèce de Kabga௠et remplaçant d’un évèque assassiné, s’était exclamé : « ah cet homme, s’il savait ce que ses mots ont apportés au Rwanda ».
Devant la Minuar j’avais discuté avec une journaliste de France 2, Valérie Fournioux, elle ne tarissait pas d’éloges sur lui ayant été soignée par lui alors qu’elle faisait un reportage à Mogadiscio.
Marc Vaiter également m’avait tenu des propos fort élogieux.
Bref, j’étais fort admiratif de l’homme.
Lors de l’affaire de l’arche de Zoé je me suis interrogé pour la première fois sur ce fameux devoir d’ingérence, et j’avoue que je suis revenu largement sur mes premières certitudes, sur cette ingérence qui fait céder la dictature devant l’impératif humain. Les accusations de Breteau en particulier m’avaient semblées fort troublantes.
Ce matin, je suis profondément déçu…. quand je vois le montant des sommes …..
Mais quelle expertise de BK mériterait ces honoraires ??
ça me scandalise proprement.
Quand j’étais revenu du Rwanda, j’avais adressé à l’association une note des dépenses que j’avais dû faire là bas : salaire des menuisiers, des gardiens, assurance pour vol en temps de guerre, nourriture commune,etc…
Bref il y avait un dépassement d’environ 2.000 à 2.500 FRS (soit 300 à 400 Euros) sur l’avance qui m’avait été faite.
Je n’ai jamais reçu le remboursement de ces sommes, ni même un seul mot d’explication. J’ai relancé une fois sans autre réaction, et comme je gagnais correctement ma vie à l’époque, j’ai considéré que c’était ma contribution à la cause humanitaire et à l’association.
Aujourd’hui quand je lis les sommes que Bernard Kouchner a touchées et de quels personnages il les a touchées, et dans quelles conditions, j’avoue que je suis très amer.
Un mot me vient aux lèvres : Beurk !




